Tout commence par une ligne sur une carte. Elle part d'Avallon, en Bourgogne, descend vers le sud à travers les massifs du centre de la France et s'arrête à la pointe du cap d'Agde, là où la terre rencontre la Méditerranée. Entre les deux, il y a 1 430 kilomètres de pistes, de sentiers et de pierriers, et 25 000 mètres de dénivelé positif.
On compte d'ordinaire trois semaines pour suivre cette ligne. Pierre Bour, ambassadeur Stajvelo, s'est donné dix jours, seul, en autonomie complète, sur son Stajvelo Rocchetta.
La traversée en chiffres
- Durée habituelle
- Environ trois semaines
- Départ
- Avallon, Bourgogne
- Arrivée
- Pointe du cap d'Agde, Méditerranée
- Parcours
- Grande Traversée du Massif Central (GTMC), variante gravel
- Format
- En solitaire, autonomie complète, nuits en hébergement
- Vélo
- Stajvelo Rocchetta, configuration personnelle de Pierre (Shimano GRX double plateau, roues Vision SC45)
La Grande Traversée du Massif Central, une France en relief
La GTMC est née comme un itinéraire purement VTT. Il y a quelques années, une variante gravel a été tracée pour éviter les passages les plus techniques. Le parcours est devenu plus roulant, pas plus facile. Pierre prévient qu'il reste « assez engagé par endroits et très exigeant sans suspension ».
Pour rejoindre la mer, il faut traverser le Morvan, puis le Bourbonnais, l'Auvergne, la Margeride, les Cévennes et enfin le Larzac. Forêts, vignobles, hauts plateaux, causses : le décor change de caractère à chaque massif. En chemin, la trace franchit des sommets emblématiques comme le mont Lozère et le mont Aigoual.

Le sol change avec le paysage. Pierre passe « des grandes pistes aux petits singles ou encore aux pierriers introuvables ». Les singles sont des sentiers où passe tout juste une roue. Les pierriers sont des pentes de cailloux instables où chaque trajectoire se choisit. Sur une même journée, il faut rouler vite sur une piste large, puis ralentir et lire chaque mètre de terrain.

Dix jours seul sur les chemins
Faire en dix jours ce qui se fait habituellement en trois semaines, c'est accepter de longues journées sur la selle, et les enchaîner. En solitaire, personne ne prend le relais, et personne ne lit le terrain à votre place.
Ce qui use, sur un tel parcours, n'est pas seulement l'effort. C'est l'attention qu'il réclame en permanence. « Il faut toujours être focus tout au long de la journée car il y a très peu de temps de repos au final », raconte Pierre. Une piste rapide laisse un peu respirer, mais un single caillouteux ou une descente encombrée ne pardonnent aucun relâchement. Ce va-et-vient se répète du matin au soir, dix jours de suite.

Un vrai lit chaque soir
Pierre a voyagé en autonomie complète, sans véhicule d'assistance. Il a pourtant fait un choix clair pour ses nuits : pas de bivouac, mais un hébergement chaque soir, ce qu'il appelle « dormir dans le dur ». La première raison est la récupération : « ça change vraiment la donne de dormir dans un vrai lit plutôt que dans une tente ».
Ce choix allégeait aussi la logistique à une période de l'année où les jours raccourcissent vraiment. Il tenait compte, enfin, de la météo en altitude. Sur le mont Lozère ou le mont Aigoual, on ne sait jamais quel temps on trouvera là-haut.

L'essentiel dans les sacoches
Sans tente ni matériel de couchage, les bagages se réduisent à l'essentiel :
- une tenue d'été
- une tenue d'hiver et de pluie
- une tenue pour le soir
- un peu de matériel mécanique et électronique
- une petite pharmacie
C'est un vrai atout en bikepacking gravel, surtout sur une telle distance. « Le poids peut vite devenir un frein avec le dénivelé chaque jour », souligne Pierre. Sur 25 000 mètres de montée, chaque kilo se paie.

Le Rocchetta à l'épreuve de 1 430 kilomètres
Pierre n'a pas découvert son vélo au départ d'Avallon. Il roule le Stajvelo Rocchetta depuis plus d'un an en compétition gravel, notamment à The Traka et sur quelques épreuves de Coupe du monde. La GTMC l'a emmené sur un autre terrain : le voyage au long cours.
« On pourrait penser qu'il est trop rigide pour le voyage au long cours mais c'est un vélo qui est bon partout. »
Pierre Bour
Sur les portions roulantes, il décrit un rendement « vraiment excellent ». Dans les passages les plus défoncés, le vélo « absorbait incroyablement bien tous les chocs ». Son meilleur indicateur reste la fin de journée : « je n'ai jamais été "usé" par le vélo ».
Pour cette traversée, Pierre avait choisi sa propre configuration : une transmission électronique Shimano GRX à double plateau et des roues Vision SC45. Le double plateau donne une plage de développements plus large, précieuse pour passer d'une longue montée à une piste rapide. Sur une trace qui change de visage jour après jour, cette combinaison « coche beaucoup de cases ». Le Rocchetta est par ailleurs proposé dans d'autres configurations.
Sur l'ensemble du parcours, il n'a eu ni crevaison ni problème mécanique. « Tout était parfait », résume-t-il, à une petite chose près.

130 kilomètres sur un seul rapport
Cette petite chose tient dans quelques millimètres. Sur une transmission électronique, les manettes fonctionnent avec de petites piles, et celles de Pierre se sont épuisées en route. Le vélo n'était pas en cause : il manquait simplement une vérification avant le départ.
Résultat : impossible de changer de vitesse pendant une journée entière. Pierre a parcouru 130 kilomètres bloqué sur le même rapport, dans les montées comme sur le plat. Il en rit aujourd'hui et en a tiré un conseil pour les suivants : « pensez à changer les piles de vos manettes avant de partir ».

Rejoindre la Méditerranée
Au dixième jour, la trace quitte les reliefs et rejoint la mer, à la pointe du cap d'Agde. Pour Pierre, les longues journées n'ont rien retiré à l'aventure. Elles lui ont donné un peu plus de challenge, et ont rendu l'arrivée au bord de la mer plus belle encore.

Derrière lui, il y a les forêts du Morvan, les vignes du Bourbonnais, les plateaux de la Margeride, les Cévennes et le Larzac, et 1 430 kilomètres de chemins qui n'ont presque jamais ressemblé deux fois au même. Pierre y voit une manière de voyager que l'on oublie souvent : « C'était une belle façon de voir du pays et de montrer à quel point on peut être vite dépaysé tout en restant en France. »

« Il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour partir à l'aventure. »
Pierre BourQuestions fréquentes
Peut-on parcourir la GTMC avec un vélo gravel ?
Oui. Une variante gravel de la Grande Traversée du Massif Central a été tracée il y a quelques années pour éviter les passages les plus techniques de l'itinéraire VTT d'origine. Elle reste exigeante, avec des singles et des pierriers. Pierre Bour la décrit comme engagée par endroits et très exigeante sans suspension.
Combien de temps faut-il pour parcourir la GTMC en gravel ?
L'itinéraire, long de 1 430 km pour 25 000 m de dénivelé positif, est généralement annoncé sur environ trois semaines. Pierre Bour l'a parcouru en dix jours, au prix de longues journées sur la selle. Ce rythme est un choix personnel, pas une durée de référence.
Quel équipement emporter pour une traversée du Massif Central à vélo ?
Tout dépend du mode d'hébergement. En dormant chaque soir en hébergement, Pierre Bour s'est limité à trois tenues (été, hiver et pluie, soirée), un peu de matériel mécanique et électronique et une petite pharmacie. Avec une transmission électronique, vérifiez les piles des manettes avant le départ.
Le Stajvelo Rocchetta convient-il au gravel longue distance ?
D'après l'expérience de Pierre Bour sur 1 430 km, oui. Il a constaté un bon rendement sur les portions roulantes et une très bonne absorption des chocs sur les terrains accidentés, sans crevaison ni problème mécanique. Seules les piles de ses manettes électroniques lui ont fait défaut. Ce retour concerne sa configuration personnelle.
Le Rocchetta vous attend pour vos propres traversées.
Découvrir le Stajvelo RocchettaVoir nos vélos gravelRécit d'après le témoignage de Pierre Bour, ambassadeur Stajvelo. Photographies : Pierre Bour.